Le CCMTP a mené au début de 1996 une enquête auprès de 1 500 dirigeants du patronat, des syndicats et du secteur public sur d'importants défis et problèmes économiques et leurs solutions possibles, les nouveaux régimes de travail et l'état actuel des relations patronales-syndicales au Canada. Nous prévoyons reprendre cette enquête au cours d'années subséquentes. Le présent rapport cerne donc les perceptions différentes et communes des dirigeants des trois communautés à l'égard de problèmes et défis particuliers.
Une vaste majorité de dirigeants s'entendent pour affirmer que le manque d'emplois est le plus grave problème auquel fait face le Canada à l'heure actuelle. L'absence d'un consensus national sur les priorités économiques, l'incertitude causée par le débat sur l'unité nationale et le fardeau de la fiscalité sont aussi des problèmes graves mais d'une importance moindre. Toutefois, selon le patronat, la priorité doit être accordée à la situation financière (déficits et endettement) des gouvernements et à la lourdeur de la réglementation. Pour les dirigeants syndicaux, la dégradation du patrimoine environnemental semble être une question prioritaire.
De même, les résultats révèlent clairement que chaque communauté interrogée n'accorde pas la même importance aux diverses solutions possibles à ces problèmes. Bien que le patronat, les syndicats et les gouvernements reconnaissent tous qu'il est nécessaire d'améliorer le système d'éducation et la formation en milieu de travail et aussi d'accroître les dépenses au titre de la recherche et du développement, les dirigeants patronaux considèrent que la lutte aux déficits est une solution de premier plan. Pour leurs homologues syndicaux, une baisse des taux d'intérêt est la solution essentielle.
Les conclusions de l'enquête relatives à l'état des relations patronales-syndicales au Canada sont tout particulièrement intéressantes. Un grand nombre des dirigeants sont d'avis que les relations patronales-syndicales au niveau national sont mauvaises ou très mauvaises et que la situation ne s'est pas améliorée lors des deux dernières années mais bien détériorées. Les trois communautés s'entendent pour affirmer que les répercussions de ces relations sur une variété d'indicateurs du marché du travail sont généralement plus négatives que positives. Cette vision des choses est très prononcée chez les dirigeants syndicaux. En effet, 75% d'entre eux considèrent que les relations patronales-syndicales sont mauvaises ou très mauvaises. Même s'il y a moins de chefs de file du patronal et du secteur public qui partagent cette opinion, leur nombre n'en demeure pas moins significatif.
Ces perceptions différentes sont sources de préoccupation. Depuis que l'enquête a été menée au début de l'année, des événements qui sont survenus dans plusieurs provinces risquent d'avoir aggravé la situation. Toutefois, nous pouvons trouver un certain réconfort dans le fait que les dirigeants des trois communautés affirment que les relations patronales-syndicales sont meilleures en milieu de travail et dans l'industrie qu'au niveau national.
Dans l'ensemble, les résultats de l'enquête suggèrent que certaines questions et approches pourraient favoriser l'établissement d'un dialogue et le dégagement de consensus entre les diverses communautés. Cependant, il est essentiel que toutes les parties soient conscientes des répercussions de mauvaises relations patronales-syndicales et de la possibilité de difficultés additionnelles en ce domaine.







