Canadian Labour and Business Centre
Centre syndical et patronal du Canada

Points de vue 2000: Le milieu de travail sain

Résumé

La troisième enquête biennale du Centre syndical et patronal du Canada auprès de 4 442 dirigeants du secteur privé, du secteur public et des syndicats a été menée entre mars et avril 2000 et a obtenu un taux de réponse de 18 p. 100. Pour la première fois, l’enquête incluait des questions sur le milieu de travail sain. Les réponses à ces questions sont résumées ci-dessous.

Points de vue généraux du patronat et des syndicats

Le patronat et les syndicats s’entendent sur le fait que les principaux indicateurs d’un milieu de travail sain sont de bonnes relations de travail et un moral élevé. Cette opinion est partagée par 70 p.100 des dirigeants patronaux et syndicaux et a été exprimée dans les divers secteurs industriels, dans des organisations de tailles diverses et dans presque toutes les régions du Canada.

Les syndicats et le patronat divergent d’opinion au sujet des indicateurs secondaires d’un milieu de travail sain (IMTS). Environ 55 à 60 p. 100 des dirigeants patronaux ont retenu la capacité d’attirer et de garder les employés, un faible absentéisme et une motivation élevée, tandis que les dirigeants syndicaux ont choisi la capacité d’équilibrer les responsabilités professionnelles et familiales, un milieu de travail sûr et un stress acceptable. Mais les écarts entre les points de vue du patronat et des syndicats ne sont peut-être pas aussi grands que ces résultants semblent l’indiquer. Les deux groupes se concentrent habituellement sur des indicateurs différents des symptômes, mais ils ont souvent des préoccupations communes dans le milieu de travail.

Si le patronat et les syndicats s’entendent sur les IMTS les plus importants, ils divergent d’opinion quant à l’évolution de ces indicateurs. Les dirigeants patronaux croient que la plupart des indicateurs se sont améliorés en termes nets (le pourcentage de ceux qui croient qu’un indicateur s’est amélioré moins le pourcentage de ceux qui croient qu’il a empiré). Mais seul un petit pourcentage croit qu’il y a eu des améliorations importantes. Les dirigeants syndicaux, par contre, croient que tous les IMTS ont empiré; bon nombre d’entre eux estiment que la détérioration est importante.

La capacité de concilier les responsabilités professionnelles et familiales et le degré de stress sont les deux seuls indicateurs qui, aussi bien de l’avis des dirigeants patronaux que de celui des dirigeants syndicaux, se sont aggravés en termes nets.

Les impressions différentes des syndicats et du patronat sur l’évolution des IMTS influent sur les facteurs importants et les mesures à prendre pour créer un milieu de travail sain. Le patronat croit que divers facteurs expliquent l’amélioration des IMTS, tandis que les syndicats estiment que « plus de travail et moins de personnes pour le faire » explique la détérioration de la santé générale du milieu de travail.

Points de vue du secteur public et du secteur privé

L’enquête a révélé des différences importantes entre les points de vue du secteur public et du secteur privé. Dans le secteur public, de bonnes relations de travail et un moral élevé constituent à nouveau les indicateurs les plus importants, mais parmi les indicateurs secondaires, un stress acceptable est un facteur plus important, pour les syndicats et le patronat, que dans le secteur privé.

 L’examen des impressions relatives aux tendances des IMTS révèle que les réponses des syndicats sont beaucoup plus négatives et celles du patronat, beaucoup moins positives, en termes nets, dans le secteur public. Ainsi, les dirigeants syndicaux et patronaux dans ce secteur signalent que le stress professionnel a augmenté ces dernières années.

Dans le secteur public, les dirigeants syndicaux insistent davantage sur le facteur « plus de travail et moins de personnes pour le faire » pour expliquer la détérioration de la santé du milieu de travail (51 p. 100 dans le secteur public, comparativement à 30 p. 100 dans le secteur privé).

Points de vue dans les secteurs de la fabrication et des services

Parmi les IMTS, la sécurité du milieu de travail et un faible niveau de blessures sont beaucoup plus importants, pour les syndicats et le patronat, dans le secteur de la fabrication. Dans le secteur des services, équilibrer les responsabilités professionnelles et familiales est plus important.

Dans l’ensemble, la santé du milieu de travail s’est améliorée le plus, en termes nets, dans le secteur de la fabrication, d’après les dirigeants patronaux. Chez les dirigeants syndicaux, c’est aussi dans ce secteur que les points de vue sont les moins négatifs. L’impression d’un changement important (aggravation) de la santé du milieu de travail est également beaucoup plus faible que chez les dirigeants syndicaux du secteur des services.

Différences régionales

Au Québec, contrairement aux autres régions, un moral élevé n’est pas un IMTS aussi important qu’ailleurs. De bonnes relations de travail sont cependant là aussi l’indicateur le plus important. Ce résultat est intéressant, puisqu’il est reconnu que, dans l’ensemble, les relations patronales-syndicales au Québec sont beaucoup plus axées sur la coopération que dans les autres régions du Canada.

En Colombie-Britannique, les dirigeants syndicaux accordent la plus grande importance à un milieu de travail sûr, ce qui traduit probablement l’importance du secteur des ressources dans cette province.

Chez les dirigeants patronaux, le Manitoba et la Saskatchewan, l’Alberta et la région de l’Atlantique sont les régions qui affichent la plus forte amélioration nette de la santé du milieu de travail, tandis que le Québec et l’Ontario se sont améliorés le moins en termes nets. Les dirigeants syndicaux du Manitoba et de la Saskatchewan, et de l’Alberta sont ceux qui croient à la plus forte détérioration de la santé du milieu de travail, et ceux du Québec et de la Colombie-Britannique, à la plus faible détérioration nette.

Les dirigeants syndicaux du secteur public affichent des résultats nets très négatifs du point de vue de l’évolution de la santé du milieu de travail dans la région de l’Atlantique (-84 p. 100) et au Manitoba et en Saskatchewan (-82 p. 100).

Points de vue différents selon la taille de l’organisation

Une ventilation des réponses selon la taille de l’organisation n’était possible que pour les dirigeants patronaux. Les petites organisations sont généralement très claires quant aux IMTS les plus importants : de bonnes relations de travail et un moral élevé. Dans les grandes organisations, les IMTS étaient plus variés, ce qui semble indiquer une grande diversité des problèmes liés à un milieu de travail sain dans ces organisations.

Du point de vue de la santé générale du milieu de travail, les dirigeants des petites organisations constatent depuis deux ans une plus grande amélioration nette que les dirigeants des grandes organisations.