Consultations sur la proposition du gouvernement du Canada d'établir l'Institut canadien sur l'apprentissage : Rapport sommaire
Le 9 janvier 2003, la ministre Stewart a annoncé qu’elle avait confié à M. Benjamin Levin de l’Université du Manitoba et à Mme Shirley Seward, chef de la direction du Centre syndical et patronal du Canada, la tâche de diriger la première ronde de consultations au sujet des grands paramètres de l’Institut canadien sur l’apprentissage, dont les besoins en information et connaissances, le mandat et la structure organisationnelle.
L’institut envisagé serait un organisme pancanadien indépendant qui viserait à promouvoir et à appuyer une information fondée sur des données probantes dans tous les domaines de l’apprentissage continu et qui aurait pour mandat :
- d’informer régulièrement les Canadiens des progrès relatifs à l’apprentissage réalisés au Canada;
- de faciliter l’échange de connaissances et d’information;
- d’appuyer l’expérimentation d’approches novatrices pour l’apprentissage.
Des consultations ont eu lieu au cours des trois dernières semaines de janvier et des deux premières semaines de février 2003. Elles ont permis aux provinces et aux territoires, ainsi qu’à un large éventail d’intervenants, d’exprimer leurs opinions concernant le mandat proposé pour l’institut et leur volonté de participer à ce projet.
M. Levin s’est surtout consacré à consulter les provinces et les territoires ainsi que les organisations nationales vouées à l’apprentissage, alors que Mme Seward rencontrait les organisations d’entreprises et syndicales, les organisations autochtones nationales, les organisations vouées au développement des jeunes enfants et d’alphabétisation ainsi que d’autres parties intéressées. Lorsque nous le pouvions, nous participions tous les deux aux rencontres.
Nous présentons notre rapport sur les consultations à la ministre du Développement des ressources humaines. Les parties consultées en recevront toutes un exemplaire. Nous remercions tous ceux qui ont pris le temps, souvent avec très court préavis, de nous rencontrer. Nous avons grandement apprécié leur participation et la franchise dont ils ont fait preuve. Nous disposions de peu de temps pour accomplir notre travail et sommes conscients que nous n’avons pas été en mesure de rencontrer tous les groupes importants du pays.
Presque tous ceux à qui nous avons parlé reconnaissent qu’il serait profitable d’améliorer l’information et les connaissances relatives à l’apprentissage et d’en faire meilleur usage pour aider à la fois les individus à faire des choix en matière d’apprentissage, les éducateurs et les organisations d’apprentissage à fournir les programmes et les services adéquats, les employeurs et les travailleurs à bâtir la capacité de leur organisation au plan de l’apprentissage, les organisations non gouvermentales à améliorer la prestation de services et leur contribution à l’élaboration des politiques publiques ou les gouvernements à prendre les meilleures décisions stratégiques possibles.
Comme le démontre notre rapport, toutefois, et comme on aurait pu s’y attendre compte tenu de la grande diversité du Canada, les participants aux consultations ont exprimé une vaste gamme d’opinions quant à la nécessité d’établir l’Institut canadien sur l’apprentissage et au rôle qui pourrait lui être confié. Ces opinions vont de l’optimisme au cynisme; du soutien total envers cette idée à de considérables appréhensions quant à la pertinence et à l’éventuelle efficacité d’un tel institut.
Nous sommes conscients que certaines provinces et certains territoires ont des réserves quant à la mise en place de l’institut proposé, plus particulièrement relativement à son rôle au titre du système formel d’éducation qui est de leur compétence. Nous sommes tout aussi conscients que la majorité des intervenants non gouvernementaux sont fortement en faveur de l’établissement de l’institut et qu’ils seraient déçus si aucune mesure n’était prise.
Certains points ont fait l’objet d’un consensus lors des consultations, à savoir : développer des partenariats et des alliances de collaboration; reconnaître les rôles conférés aux gouvernements provinciaux et territoriaux à l’égard de l’éducation formelle; avoir recours de façon efficace aux institutions et réseaux existants; appuyer les bases de connaissances et l’expertise existantes et les rehausser; et l’importance cruciale de mobiliser les connaissances de façon pratique pour qu’elles conduisent à l’action et au changement.
Nous estimons aussi, tout comme le gouvernement du Canada, que le succès d’un éventuel Institut canadien sur l’apprentissage repose sur la participation active de nombreuses parties. Selon nous, les conditions qui suivent devront être réunies pour que l’institut soit une réussite.
- Les activités de l’institut devront revêtir un caractère pratique pour les nombreuses et diverses parties qui, à travers le Canada, utilisent et produisent de l’information relative à l’apprentissage.
- Il devra s’agir d’un institut d’information, non pas de revendication. L’un des principaux rôles de l’institut devrait consister à améliorer notre niveau de connaissances sur les questions relatives à l’apprentissage et à partager l’information qui permet de passer à l’action, sans prendre position concernant la politique gouvernementale sur les questions relatives à l’apprentissage.
- L’institut devra fonctionner grâce à de solides et efficaces partenariats entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les entreprises, les syndicats, les établissements d’enseignement et un éventail d’intervenants impliqués dans divers aspects de l’apprentissage continu ou qui s’y intéressent. Il sera important que l’institut reconnaisse les rôles conférés aux gouvernements provinciaux et territoriaux en matière d’éducation formelle et qu’on considère qu’il vient compléter, pousser plus loin et renforcer les travaux déjà entrepris au Canada sur des questions relatives à l’information et à l’apprentissage. L’organisation devra avoir pour but d’accroître la capacité d’action d’un bout à l’autre du pays.
- La structure de gouvernance de l’institut devra, tout en étant efficace, permettre un apport significatif de nombreuses parties. L’institut devra être indépendant et susciter le respect et la confiance de toutes les parties.
Si toutes les conditions précitées sont remplies, nous pouvons conclure, selon nos consultations, qu'un Institut canadien sur l'apprentissage pourrait apporter une contribution utile au développement de l'apprentissage au Canada.
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