Canadian Labour and Business Centre
Centre syndical et patronal du Canada

Points de vue '98: Une enquête auprès des dirigeants canadiens du patronat, des syndicats et du secteur public

Introduction

Le Centre canadien du marché du travail et de la productivité (CCMTP) (maintenant le Centre syndical et patronal du Canada) est un organisme national indépendant au sein duquel le patronat et les syndicats, soit les deux principaux acteurs sur la scène économique canadienne, se rencontrent pour trouver des terrains d'entente face aux principaux défis et problèmes de l'heure.

Les expériences menées au Canada et à l'étranger nous ont appris que l'adoption d'approches conjointes pour s'attaquer à ces défis souvent délicats est le meilleur moyen de trouver des solutions viables.

L'un des outils de l'expérience canadienne est l'enquête Points de vue que mène tous les deux ans le CCMTP. Réalisée pour la première fois en 1996, cette vaste enquête est reprise cette année. Elle examine plus en profondeur certaines questions et permet de déterminer l'évolution des perceptions des dirigeants lors des deux dernières années. Le Centre prévoit mener à nouveau cet exercice de consultation en l'an 2000.

Des questionnaires identiques ont été envoyés à environ 2 700 dirigeants du patronat, des syndicats et du secteur public plus tôt ce printemps. Le taux de réponse a été de 20 p. 100, ou environ 600 réponses, ce qui est normal pour une enquête de ce type. Les réponses ont été divisées en quatre catégories : patronat du secteur privé et patronat du secteur public; syndicats du secteur privé et syndicats du secteur public.

Les répondants ont fait part de leurs vues sur une variété de problèmes et défis économiques et y ont proposé des solutions possibles. Les vastes catégories de sujets comprenaient les défis qui se posent devant l'économie, l'état actuel des relations patronales-syndicales, les caractéristiques démographies de la main-d'oeuvre, le marché du travail et les pratiques en milieu de travail.

La première partie des résultats de l'enquête qui est publiée porte sur les plus importants défis économiques, leurs solutions possibles et l'état actuel des relations patronales-syndicales. Les réponses concernant les pratiques en milieu de travail et les caractéristiques démographiques de la main-d'oeuvre sont en train d'être analysées et seront publiées à une date ultérieure.

Les principaux défis économiques

Comme on pouvait s'y attendre dans bien des cas, les répondants du patronat et des syndicats ont cerné des priorités économiques différentes. Toutefois, dans d'autres cas, leurs préoccupations sont très comparables.

Les syndicats ont mentionné le manque d'emplois, ce qui est aussi une question importante aux yeux du patronat, et l'inéquité de la répartition des revenus comme étant les principaux défis, tandis que le lourd fardeau de la fiscalité et la pénurie de travailleurs qualifiés représentent les problèmes prioritaires du patronat.

À l'exception du lourd fardeau de la fiscalité, un problème au sujet duquel les opinions sont partagées, tous les répondants sont d'avis que les grandes questions politiques et macroéconomiques, comme les déficits des administrations publiques, les taux d'intérêt et l'unité nationale sont maintenant moins préoccupantes qu'il y a deux ans.

Il est intéressant de constater que pour tous les répondants, les questions concernant le marché du travail, comme la pénurie de travailleurs qualifiés, l'éducation et la formation, ont pris de l'importance depuis 1996. Il s'agit de toute évidence d'une question en émergence.

Selon les résultats de l'enquête, il est aussi certain que les répondants sont beaucoup plus préoccupés par la question de la productivité en 1998 qu'il y a deux ans. La moitié moins de répondants syndicaux croient que la productivité au Canada est un problème grave; toutefois, les tendances statistiques à ce sujet sont à la hausse dans les deux communautés.

Les syndicats accordent beaucoup plus d'importance aux relations patronales-syndicales et un peu plus à la compétitivité sur les marchés internationaux que les répondants patronaux. Ces derniers sont maintenant moins préoccupés par les coûts élevés de la main-d'oeuvre qu'en 1996.

Les relations patronales-syndicales

Les résultats de l'enquête révèlent que les perceptions des syndicats au sujet de presque chaque aspect des relations patronales-syndicales sont uniformément plus négatives que celles du patronat. Cela reflète un malaise constant qui suggère que les deux communautés devraient chercher à améliorer leurs communications.

L'impact net des relations patronales-syndicales sur le rendement en milieu de travail est perçu comme étant surtout négatif par toutes les parties.

Même si l'ensemble des répondants sont d'avis que leurs relations se sont améliorées sur la scène nationale depuis 1996, les syndicats affirment qu'il n'y a eu aucune amélioration dans les secteurs industriels et dans les entreprises. Une opinion diamétralement opposée à celle du patronat du secteur public qui perçoit une amélioration à ces deux niveaux, et a généralement une vision plus positive de la situation.

Selon tous les répondants, les relations patronales-syndicales sont façonnées pour le meilleur ou pour le pire par certains aspects, comme les pratiques en milieu de travail, la réduction des effectifs/la sécurité d'emploi, la souplesse des contrats de travail, les salaires et la rémunération.

Les répondants du secteur public mentionnent aussi l'influence des stratégies financières et de la réglementation adoptées par les gouvernements. En ce qui a trait à l'avenir, les répondants syndicaux anticipent une détérioration des relations au cours des deux prochaines années, alors que les dirigeants patronaux, tout particulièrement dans le secteur public, ont une vision plus positive de l'avenir.

Les solutions potentielles

Une amélioration du système d'éducation et un accroissement des dépenses au titre de la recherche et du développement figurent parmi les cinq plus importantes solutions prioritaires du patronat et des syndicats. Les répondants patronaux mettent aussi l'accent sur un allégement du fardeau fiscal et de la réglementation et une réduction des dépenses des gouvernements, alors que les syndicats soulignent qu'il est essentiel d'améliorer la formation en milieu de travail, renforcer le filet de protection sociale et de rehausser la qualité des relations patronales-syndicales.

Les communautés s'entendent sur les deux plus importantes questions dont elles devront discuter dans un proche avenir, soit les pratiques et la formation en milieu de travail. Les syndicats affirment que leur troisième priorité est la réduction des effectifs et la sécurité d'emploi tandis que le patronat mentionne la productivité et la compétitivité.